Fred Radix, radieusement simple

L’ancienne école de Saint-Julien-Molin-Molette est calme. L’immense bâtisse ne résonne pas des rires d’enfants, encore en classe. Dans l’immense séjour, Fred Radix contemple les jouets éparpillés.

Fred Radix

Fred Radix

Le café fume dans la cuisine. Il fait bon vivre dans cette demeure où l’artiste siffle la chansonnette depuis quatre ans. Fred Radix est de retour à la maison, après un été traditionnel, c’est-à-dire prenant. »De mai à fin septembre, j’ai été chez moi… dix jours peut-être !« , hésite-t-il. Pas facile, ainsi, de concilier vie de famille et vie d’artiste. Mais à ses yeux, ce rythme lui permet de trouver un équilibre. « Le trop calme de la campagne n’est supportable que parce que je vadrouille le reste du temps« , explique l’adolescent de 42 ans. Pour ses quatre enfants (deux jumeaux : une fille et un garçon de 5 ans ; un autre âgé de 16 ans et une aînée de 18 ans), la vie a une drôle de saveur. « Mon plus grand fils a fait sa chambre dans l’ancien bureau du directeur de l’école. C’est vrai que c’est particulier« , admet Fred, rejoint par sa compagne Claudine, avec un sourire malicieux. Il ne se sent pas moins père que « ces parents qui amènent les enfants à l’école à 8 h et les retrouvent après le boulot, à 18 h 30. L’avantage, c’est que quand je suis là, on déjeune ensemble, ils n’ont pas besoin de rester à l’école jusqu’au plus tard possible ! » Et lorsque l’envie les prend, quel bonheur de pouvoir jouer dans les décors des différents spectacles de Fred Radix ou de ses amis !

Mais le papa musicien l’admet : « Ce planning est possible grâce aux grands-parents qui s’occupent très bien des enfants quand Claudine et moi sommes sur les routes« . De ses voyages, dans la région comme à l’étranger, Fred Radix a ramené des souvenirs et des amis. Il y a ceux de l’époque des Mange-Cailloux, et ceux plus récents. De nombreux amis qui ont leur chambre dans la maison de Saint-Julien. Des sacs de couchage ont leur place dans ces lieux. Juste au cas où. Si des copains voulaient passer, pour profiter du studio de répétitions situé au sous-sol…
Il faut dire que l’espace pourrait rendre envieux tout artiste à la recherche d’une scène pour répéter son spectacle. Les décors de Strapontin (2002) ou la boîte du Siffleur (2012) sont rassemblés dans ce capharnaüm que l’hiver va permettre de ranger.

Avec le temps, Fred Radix se rend toutefois compte qu’il délaisse de plus en plus les décors volumineux au profit d’une mise en scène plus sobre. »C’est vrai que ça peut rassurer de pouvoir s’appuyer sur un décor riche.«  Mais quand on a près de vingt ans de scène derrière soi, on peut s’émanciper de cette béquille décorative ! Mauvais poulain ? Depuis vingt ans, Fred Radix a zigzagué entre chanson, théâtre et humour. Il fallait surprendre, toujours se renouveler. « C’est pour ça que je suis un mauvais poulain pour les boîtes de production de disques« . Certes, mais un poulain prolifique, qui cherche de toute façon moins le succès en radio que les sourires sur scène. « Bien sûr, les disques peuvent être importants. Ils permettent de laisser quelque chose aux gens qui t’apprécient. Je m’en suis rendu compte au Québec où j’ai eu la surprise de voir les spectateurs reprendre toutes mes chansons !« 

Mais les Annonéens ont pu se rendre compte, mercredi 20 novembre, à quel point la scène

Dans ses décors de spectacles.

Dans ses décors de spectacles.

restait importante pour Fred Radix. Au théâtre d’Annonay, il a fait rire la salle avec son Récital man show, toujours à doubler l’humour et la musique sur l’autoroute du spectacle. Malgré le succès, l’artiste de Saint-Julien-Molin-Molette est loin de prendre la grosse tête. « Nul n’est prophète en son pays, même dans un village qui a une histoire riche en activités artistiques. » Ce qui ne l’empêche pas d’avoir récolté qua­tre voix aux dernières élections municipales, sans avoir même songé à se présenter ! Mais tout ça, c’est de la blague. Comme ses spectacles. « Le Siffleur était un gag au début, et c’est devenu du sérieux en voyant que la mise en scène plaisait. Même pour moi, c’était complètement improbable que je me mette à siffler du classique ! » Il n’empêche qu’il s’y est mis, avec toute sa malice et un brin de sourire… Radieux !

Pierre Serizay

Le café dans un sourire.

Le café dans un sourire.

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