Eolien : Un Vent de colère souffle sur le projet du Rouvey

Le dossier dure depuis plusieurs années. Mais une fois encore, les opposants au projet du Rouvey n’ont pas obtenu gain de cause devant la justice. Le combat des anti-éoliens du Val d’Ay, et de toute la France, reste tenace. Face à une exploitation qualifiée d’industrielle, ils dénoncent un manque de concertation et une pollution visuelle et des sols. Ils craignent également une complexité administrative. Pourtant, les collectivités semblent confiantes dans cette mutation énergétique. Les initiatives mises en place jusqu’à présent dans les environs semblent fonctionner. 

De g. À dr. : Philippe Roth, ancien président d’Aderha, Daniel Steinbach, président de la fédération nationale Vent de Colère, et Gilbert Bertrand, président d’Aderha.

De g. À dr. : Philippe Roth, ancien président d’Aderha, Daniel Steinbach, président de la fédération nationale Vent de Colère et Gilbert Bertrand, président d’Aderha.

L’association nationale d’opposants à l’éolien monte de nouveau au créneau. Vent de colère et l’Association de défense de l’environnement du site du Rouvey en Haute-Ardèche (Aderha) expliquent leurs craintes.

Sous sa crinière blanche, les yeux de Daniel Steinbach lancent des éclairs. L’air devient électrique lorsque le président de la fédération nationale Vent de colère évoque l’avancée du projet de parc éolien du Rouvey, qui couvre plusieurs communes du Val-d’Ay. Il est venu soutenir l’Aderha dans son combat contre ce projet qui aura comme première conséquence de dénaturer le paysage. Sur ce point, les « anti » rappellent que les éoliennes, qui peuvent atteindre 120 m de haut, doivent être implantées sur les crêtes, définies comme telles dans le schéma éolien de l’Ardèche, en 2007. Ils estiment que ces pylônes se verront donc de loin, notamment des habitants des communes comme Saint-Symphorien-de-Mahun et nuiront à l’aspect visuel de ces villages.

Pollution dans le ciel et dans le sol
Les militants contre le projet dénoncent également la pollution des sols. Les risques d’incendie inhérant à l’installation des mâts métalliques impliquent un défrichement qui empêchera toute nouvelle culture sur ces parcelles dans le futur, selon l’Aderha. L’entreprise alsacienne qui fabriquera les éoliennes, Ostwind, a même obtenu que cette surface soit triplée, tout en ne visant, finalement, plus que cinq éoliennes, la sixième étant supprimée de fait, selon l’Aderha. Les sous-sols eux-aussi pourraient pâtir de ce projet, craignent les détracteurs. « Même en imaginant qu’Ostwind supprime les éoliennes, dans vingt ans, personne n’enlèvera les tonnes de béton des fondations », dénonce Philippe Roth, ancien président d’Aderha. Pour l’association, ces matériaux sont nocifs et pourront avoir des conséquences, par les ruissellements, sur les sources du Nant, de Perrier et du site alimentant en eau la commune de Lalouvesc. Les militants anti-éoliens assurent que la contre-expertise qu’ils ont réalisée sur ce point met en évidence ces risques de pollution. Ce document avait été validé par un cabinet d’expertise hydrogéologique.

Les frais flous
Daniel Steinbach estime que le loyer d’une éolienne, payé par Ostwind aux propriétaires bailleurs, s’élève à 4 000 euros par an. « Ce ne sont que des estimations, souligne Gilbert Bertrand, président de l’Aderha. Le vrai problème, c’est le flou qui existe sur toute cette question financière. Un habitant de Saint-Symphorien est en droit de se demander combien cet investissement peut rapporter à sa commune ou à l’intercommunalité ! » Un ultime grief agite les têtes pensantes de l’association. Ce projet du Rouvey, qui selon eux est un gouffre financier aux risques environnementaux incontestables, n’aura pas non plus de conséquences heureuses sur l’emploi. Ou du moins, pas sur l’emploi local.

Pierre Serizay

Le recours retoqué par la Cour d’appel
Dans ses conclusions du 31 décembre 2013, la cour administrative d’appel de Lyon rejette la requête de l’Aderha visant à rendre illégaux les permis de construire des éoliennes, déjà rejetée en première instance le 10 février 2011. Dans le document, la justice motive sa décision en rappelant que, pour la Société d’exploitation du parc éolien (Sepe) du Val d’Ay, « La contre-étude ne mentionne que des risques potentiels ». Pour la justice, il faut rappeler que « à la différence d’un bâtiment, une éolienne ne nécessite aucun réseau d’évacuation pouvant générer des pollutions ». Dans les conclusions de la cour administrative d’appel, le ministère de l’Ecologie constate que « le projet en litige ne prévoit pas d’implanter les éoliennes à l’intérieur des périmètres de protection des sources de Nant et de Perrier ».

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3 réflexions sur “Eolien : Un Vent de colère souffle sur le projet du Rouvey

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